BANDE DESSINEE- Un Marsupilami version 'bête sauvage"- sortie ce vendredi !

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Sous le crayon de Frank Pé et la plume de Zidrou,  le Marsupilami, personnage emblématique de Franquin et des éditions Dupuis, se transforme en animal plus réaliste, vendu à des trafiquants d’animaux exotiques. Le premier tome de « La Bête » sort le 9 octobre. Rencontre avec le dessinateur Frank Pé.

Quel est le point de départ de ce Marsupilami ?

F.P (Frank Pé) : Quand, en 2013,  Dupuis a racheté les droits du Marsupilami (repris par Batem) à Marsu Productions, l’idée d’un Marsupilami « différent » a pris forme. Les discussions ont commencé avec le responsable éditorial de la maison d’édition marcinelloise, et je me suis mis à ébaucher des dessins d’un Marsupilami,  qui débarque au port d’Anvers, dans les années 50,  et qui s’échappe dans la banlieue à Bruxelles.

Vous vous êtes adjoint les services de Zidrou, scénariste d’origine carolo.

F.P. C’est exact. J’avais déjà collaboré avec lui pour un album « one shot » de Spirou et Fantasio : « La lumière de Bornéo ». Nous partageons la même sensibilité. Même si Zidrou habite aujourd’hui en Andalousie,    nous correspondons souvent. Nous sommes rapidement tombés d’accord sur la vision des personnages, et du Marsupilami en particulier.

Pas grand chose à voir avec le Marsupilami de Franquin…

F.P.  En effet, notre Marsupilami reste un animal jaune à taches noires,    et à longue queue,  mais il n’a plus la tête ronde et fantaisiste qu’avait imaginée le père de Gaston : il est plutôt doté d’un museau d’ours malais. (Depuis mes débuts, j’adore croquer des animaux d’après nature). Cela dit, j’ai beaucoup de tendresse pour Franquin. Cet immense auteur est un véritable génie, et quand je dessine, j’ai l’impression qu’il est penché sur mes épaules. Notre Marsupilami ne se veut pas une concurrence à l’œuvre de Franquin,  mais une nouvelle proposition de lecture. Nous restons d’ailleurs chez Dupuis ! Personnellement, j’y ai commencé ma carrière avec « Broussaille », « L’Elan », « Comme un animal en cage »,… et j’y suis très attaché.

L’album dénonce des conditions de maltraitance animale…

F.P.  C’est exact.  Les questions de captivité et de brutalité animales sont abordées avec tact mais sans condescendance.  La vision de François, un jeune enfant qui recueille le Marsupilami, adoucit un peu le tout…

Ce Marsupilami est une œuvre ambitieuse…

F.P. Oui, Zidrou et moi ne dormons plus (rires !).  Nous nous sommes lancés dans une œuvre d’envergure : 154 pages pour le premier tome et 200 pages pour le second. La différence vient aussi du format carré, rendant les planches plus petites, du papier aquarelle et des couleurs directes. Pour l’ambiance, j’ai tenté de rendre le mieux possible le côté brumeux et atmosphérique…

JEAN-CLAUDE HERIN

« La Bête »1/2  de Frank Pé et Zidrou. Editions Dupuis.  Prix : 24,95

Le Marsupilami au Square Hiernaux ? «  Assez terne » !

Depuis 1988,  une statue du Marsupilami trône sur le square Hiernaux.  Pour tous  les Carolos, ainsi que les automobilistes, la créature de Franquin est devenue un repère dans le paysage, à tel point que le nom du square est souvent rebaptisé : «  Le rond-point du Marsupilami » ! Mais qu’en pense  Frank Pé ? «  En général, j’ai du mal avec les sculptures 3D, qui ne rendent pas bien la 2D du dessin.  Ce qui prédomine dans cette statue, que je trouve très froide  et sans vie, est le plastique, qui vieillit mal, de surcroît, alors que dans le dessin de Franquin, on sent la matière, ainsi que le poil ! Par contre, j’ai vu récemment une statue en bronze de la mouette rieuse, qui accompagne Gaston Lagaffe, le personnage fétiche de Franquin. L’oiseau est terriblement expressif par rapport au Marsupilami de Charleroi ».

J.C.HERIN 

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