BANDE DESSINEE - Pleins feux sur Bessie Coleman dans "Black Squaw"

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De son trait élégant et réaliste, le carolo Alain Henriet donne vie à « Black Squaw », une nouvelle série scénarisée par Yann, où se mêlent à la fois aventure romanesque et Histoire dans les années 20-30. Les planches sont pré-publiées actuellement dans le journal Spirou.
 
- « Black Squaw » est Bessie Coleman, pionnière de l’aviation. Qui est-elle en réalité ?
Alain Henriet : Elizabeth « Bessie » Coleman est la première femme pilote afro-américaine et amérindienne. Dans une société assez machiste et où être noir(e) posait problème, elle a joué des coudes auprès de ses collègues masculins. Elle a aussi montré beaucoup d’ambition, jusqu’à obtenir une licence de pilote en France en 1921. Bessie avait 8 frères et sœurs. Deux de ses frères sont partis faire la guerre. Ils en sont revenus indemnes.
N.G. Quelle est la part entre la réalité et la fiction ? La documentation occupe certainement une place importante…
A.H. Nous racontons l’histoire de Bessie de manière romancée, mais avec un gros travail de documentation derrière, aussi bien au niveau du scénario que du dessin. Pour ma part, je recherche un visuel de chaque élément que je vais dessiner. Il n’est pas question de dessiner n’importe quoi : tout est vérifié et est d'époque. Par exemple, je reconstitue dans les moindres détails un Curtiss Jenny JN-4. Il s’agit d’un avion américain construit pendant la guerre de 14-18.

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- « Dent d’ours », toujours scénarisé par Yann, était aussi une série sur fond historique. Que racontait cette série ?

A.H. Sur deux cycles de trois albums, « Dent d’Ours » réunit, dès l’enfance, Max, Juif polonais, ainsi que Hanna et Werner, Allemands. Ces trois amis ont grandi en Silésie polonaise dans les années 1930. Devenus adultes pendant la Seconde Guerre mondiale, et tous trois passionnés d'aviation, leur trajectoire se sépare et ils se retrouvent au cours de la guerre, en tant qu'aviateurs, dans des camps différents. En 2009, Yann a eu l’idée d’un récit de guerre et d'aviation, à la croisée du drame psychologique, de l'aventure réaliste et de l'histoire d'espionnage, que j’ai illustré.

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- Peut-on établir des liens entre « Dent d’ours » et « Black Squaw », même si les personnages et les périodes diffèrent ?

A.H. : Les liens sont la présence d’une héroïne et d’un récit historique. Nous restons dans l'aviation. L’action ne prime pas sur les personnages : nous accordons beaucoup d’importance à la psychologie.

N.G. Votre métier vous « confine » déjà en temps normal dans votre bureau. Le Covid-19 change-t-il la donne ?

A.H. Oui, avant la période de confinement, je passais 2 jours par semaine pour effectuer différents travaux de lettrage aux éditions Dupuis. A présent, tout se fait par télétravail. Le premier tome de « Black Squaw » est déjà terminé. Mais une incertitude plane quant à la date de publication, à cause du Covid-19. J’ai crayonné les 14 premières planches du tome 2. Le récit débutera dans les tranchées, et il sera question du plus grand criminel de tous les temps : Al Capone !

PROPOS RECUEILLIS PAR JEAN-CLAUDE HERIN

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