• ROMAN: Bernard Tirtiaux: "L'ombre portée"

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    Hermine, la grand-mère paternelle de Bernard Tirtiaux, hante la Ferme de Martinrou

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    Maître dans l’art du vitrail, poète, sculpteur, écrivain, homme de théâtre,… Bernard Tirtiaux se livre dans son dernier roman : «L’ombre portée». L’histoire de la Ferme de Martinrou, qu’il a transformée en lieu de théâtre et de création, sa grand-mère Hermine, fondatrice de la «tribu», sa famille,…sont ici mises en avant. Rencontre avec l’artiste polyvalent de Fleurus.

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    Dans le corps de logis, occupé naguère par Hermine

    -Auteur du «Passeur de lumière», « Le puisatier des abîmes », «Aubertin d’Avallon»,…et de recueils de poésies, votre dernier ouvrage : «L’ombre portée» tient une place à part dans votre bibliographie…

    B.T.( Bernard Tirtiaux) : Oui, contrairement à mes autres ouvrages à caractère médiéval, je m’y révèle à travers mon histoire personnelle et celle de ma famille très étendue.

    Impossible de ne pas évoquer la personnalité très forte de ma grand-mère paternelle Hermine Hanotiaux ( 1896-1949) ! C’est vraiment elle qui est l’origine de la ferme de Martinrou ; elle en a d’ailleurs occupé le corps de logis. Cette femme de caractère, très féministe, a écrit deux traités sur l’économie et a reçu Konrad Adenauer et Robert Schuman à Fleurus ! J’ai l’impression qu’elle hante encore les lieux. Des phénomènes inexplicables se sont d’ailleurs produits…

    Femme de cœur, puisqu’elle a été présidente de Caritas Catholica du Hainaut, elle est venue en aide à des centaines d’orphelins juifs. Elle a ouvert sa porte à Tobie-Amos Rosensztejn, rescapé des camps…

    -La ferme de Martinrou, c’est toute votre vie …

    B.T. J’y suis né, le 11 avril 1951 ! Je peux encore montrer la pièce où je suis né. A l’époque, la cour en son centre était cernée par un fumier odorant où bruissaient des mouches dorées… Les bâtiments ont été fortement endommagés pendant la Seconde guerre. C’est moi qui ai racheté le bien, part après part, au vaste clan de mes oncles et de mes tantes. Je l’ai reconstruit pendant des décennies. J’ai rapporté des pavés par mille, des matériaux de réemploi,…

    Ma contribution à Martinrou a commencé dans l’ancien grenier aux semences avec la construction d’une petite salle alignant de longs bancs lattés. Un premier spectacle y a vu le jour, sous l’impulsion de mon frère cadet, François. Je m’y suis impliqué comme acteur et constructeur de décors.

    -Vous racontez les risques que vous avez pris…

    B.T. : J’ai coutume de dire que deux anges gardiens ont assuré ma protection. Un seul n’aurait pas suffi ! J’aurais pu laisser ma vie, lorsqu’un tram m’a happé, en 1959. Mais j’ai perdu une jambe. Ma grand-mère Hermine, par contre, n’a pas survécu à ce même type d’accident.

    Par la suite, j’aurais pu me rompre le cou des dizaines de fois sur le domaine, sur les églises où des vitraux étaient à créer ou à restaurer. Quant à mon plus jeune fils Grégoire (le fiston, musicien, mesure 2,07mètres !), il a failli recevoir… un piano, lors d’un déménagement !

    -Vous êtes toujours très actif…

    B.T. C’est dans mon ADN. En ce moment, dans mon atelier, je suis en train de fabriquer seize trophées en verre pour une grande exposition qui se déroulera à Dinant du 21 juin à fin septembre. Je travaille le verre depuis 50 ans ! J’assiste toujours aux spectacles de Martinrou, mais je n’en suis plus le programmateur. Et puis je suis entouré de personnes que j’aime : Maria Palatine, harpiste, mes trois enfants,… J’adore le contact avec les gens.  JEAN-CLAUDE HERIN

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    Bernard Tirtiaux en plein travail dans son atelier

    Le roman «L'ombre portée» aux éditions JC Lattes, sera présenté, sous forme d’une lecture-spectacle et d’une rencontre avec l’auteur autour d’un verre, le 22 janvier à 18h15 à la Ferme de Martinrou, Chaussée de Charleroi, 615 à Fleurus. Réservations au 071/81 63 32. 

    Plus de 12 000 spectateurs en 2017-18

    La programmation théâtrale est gérée par l’ASBL «La Ferme de Martinrou». La 38èmeédition, cette saison, fait toujours la part belle aux créations et au théâtre contemporain. Sont annoncés - du 22 au 25/1 : «Moutoufs», une histoire de 5 Belges qui ont un père marocain et une mère belge, -du 19 au 22/2 : « Meilleurs alliés» : l’action se passe le 4 juin 44, quand Churchill annonce à de Gaulle, l’imminence du Débarquement en Normandie. -du 12 au 15/3 : «Candide et la folie du monde » d’après Candide ou l’optimisme de Voltaire,… sans oublier la programmation «enfants» : le prochain spectacle : « Le jour de la soupe » sera joué le 17/2.

    Le succès est au rendez-vous : la saison 2017-2018 a attiré 12 618 spectateurs et 290 personnes aux ateliers. 900 abonnés. 7 semaines de stages ont été organisées. En octobre 2019 se tiendra une grande exposition sur le thème du «Passeur de lumière» en présence d’une quarantaine d’artisans verriers qui investiront la ferme et les jardins. Une barque en verre sera tirée au milieu de l’étang ! Avec Bernard Tirtiaux, rien n’est impossible…Pour tout info : 071/81 63 32. 

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