CHARLEROI- Bis-Arts: les danseurs se (ré) approprient la Ville

Les  spectacles de Bis-Arts sont un peu comme des ovnis, dans le ciel culturel carolo.   Vendredi soir, avait lieu le lancement  de la 19ème édition,  bien fidèle à l'esprit du festival.           

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                                  Un ballet urbain! 

Etrange scène ! Une roulotte de fortune,  tirée par un petit véhicule,  circule  en plein coeur de Charleroi.  Dans la rue,  des danseurs  sont couchés sur le  toit des voitures,  collés à des réverbères, ou à califourchon sur des poubelles!  Au départ immobiles, ils s'animent progressivement.   Les uns courent dans des directions  opposées  puis se rejoignent , les autres exécutent de larges  mouvements,...  Etonnés par ce  manège,  les passants  entrent souvent bien dans le jeu:  un  homme au bonnet  a suivi tout le trajet depuis la rue de la Science jusque la place  du Manège!  A l'intérieur de la roulotte, les spectateurs, "cachés"  derrière une glace sans tain,  prennent plaisir à voir la réaction  des  gens !  Ce dispositif était mis en  place pour  Birdwatching  4x4 " de la Compagnie belge de danse Benjamin Van de Walle.   Dans ce spectacle,  la roulotte devient une espèce d'observatoire.  Le paysage quotidien de la  Ville offre un terrain d'expérimentation pour les danseurs.

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Plus de danse et de cirque

" C'est une expérience amusante:  en voyant sans être vus,  on devient un peu comme la pellicule d'un appareil photo!  Ca ouvre un autre regard sur la Ville"! note Gabriel de Jumet. Dominique de Charleroi poursuit: " On est scotché par           la beauté des lieux qui, tout d'un coup, prennent un caractère particulier. Je regrette,  cependant,   que les  citoyens, en général, ne se sentent pas plus concernés  par ce type de spectacle.  On pourrait imaginer, par exemple, un démarrage plus "en fanfare" du  festival , qui rassemblerait plus de monde encore ! ". Plusieurs centaines de personnes sont attendues pour Bis-Arts ( mais aucun chiffre de fréquentation n'a pu nous être communiqué, lundi après-midi). Pierre Bolle, directeur du Palais des Beaux-Arts et initiateur du festival, signale:  "Nous restons tout à fait en phase avec le concept de Bis-Art qui est d'étonner,  parfois de déconcerter, mais surtout d'interpeller sur des réalités d'aujourd'hui.  Aujourd'hui,  le théâtre est toujours bien présent, mais nous mettrons davantage l'accent sur la danse et  l'art circassien". JCH

Infos et réservations: 071/31 12 12.

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Un clown... philosophe !   

Jusqu'au 1er novembre,  le Palais des Beaux-Arts de Charleroi,  en partenariat avec l'Ancre, les Ecuries, l'Eden ( et un autre tenu secret ! ) a programmé  10  spectacles dans des genres différents: théâtre ( de rue), cirque, danse,... "Qui sommes-je?" était un des premiers spectacles du festival.  Les spectateurs adultes ( les enfants étaient priés de ne pas venir !)   auront été bien surpris  de voir,  sur scène,  un clown bouffon, vêtu d'une simple couche-culotte ! Mais ce n'était pas du tout le clown classique que l'on imagine.  Sorte de "bon sauvage" tel que l'aurait imaginé Jean-Jacques  Rousseau, Ludor Citrik ( c'est son nom!)  revient aux fondements de l'humanité,  et aborde des   thèmes tels que les conventions sociales, l'éducation,  le savoir-vivre,... Sa question:  " Quelles sont les limites de l'homme sous la pression du convenable et sa capacité à la servitude?"  Rien que ça ! Au passage, Ludor critique la dictature du "on" qui représente tout le monde et personne en particulier... Bis-Arts  se terminera par un grand Bal blanc, où la seule exigence sera d'être habillé en blanc ... Ca aussi, c'est bien dans l'esprit insolite et décalé du festival ! Toute la semaine d'ailleurs, l'Eden propose un atelier d'art textile pour confectionner la parure du bal.

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                          Une salle bien remplie !

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