LIVRE- "Féminicides 2/0": un récit poignant par Daniel Stoclet (25/01/2021)

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Constanza Gonzalves Torres, la femme d’Albert Ferrer, a été massacrée à son domicile.  Très vite, les soupçons de l’inspecteur Dan Galinno et de sa collègue Mélanie Duponchelle se portent sur le riche entrepreneur  de A.F.C. Consulting à Gosselies, d’autant plus que sa première épouse est morte également dans d’étranges circonstances. 

Cette intrigue nourrit le roman : « Féminicides 2.0 ». Rencontre avec Daniel Stoclet, auteur de Gosselies et enseignant à la retraite.

- Votre roman est une fiction. Mais une sombre affaire vous a inspiré…

D.S.  Les faits remontent à la nuit du 10 au 11 mai 1990. Carine Bogaerts (18 ans), une de mes élèves au Centre Scolaire Saint-Joseph Notre-Dame de Jumet Gohyssart, ainsi que sa fille Laetitia (20 mois), ont été sauvagement assassinées dans un home pour femmes en détresse à Wanfercée Baulet. Philippe Robert, ex-compagnon de Carine, a commis l’irréparable,  parce  qu’il ne supportait pas la nouvelle liaison de la jeune fille avec un de ses amis. Plus de trente ans plus tard, ce crime continue de me bouleverser.

- Au-delà de l’histoire, votre livre dénonce toute forme de féminicides.

D.S.  Je fais part de mes opinions à travers les réflexions de l’enquêtrice Mélanie : « L’auteur d’un féminicide choisit la force, la contrainte, les sévices pour obtenir ce qu’il estime lui revenir de droit, il veut contrôler la vie de sa conjointe et prendre le pouvoir. Souvent dans l’impossibilité de réagir, la femme s’enferme dans un cercle vicieux, devenant de plus en plus vulnérables face à leur agresseur ».

Je pense ici tout particulièrement à  l’affaire « Wesphael ». De nos jours,  que ce soit pour juger des meurtres perpétrés par impulsion ou prémédités, les vices de procédure sont trop rapidement invoqués par les avocats pour blanchir les auteurs de ces actes odieux.  Malheureusement, avec le confinement que nous impose le Covid, je crains que le phénomène s’amplifie…

- L’action commence à Gosselies. Cet ancrage local était-il important ?

D.S. : Tout à fait. Je suis le petit-fils d’Emile et le fils d’Albert, grands colombophiles dans la région. Fleurusien d’origine, j’habite aujourd’hui à Gosselies. Déjà tout gamin, je faisais beaucoup de vélo. Je me souviens d’un passage à niveau aéronautique qui s’actionnait lorsqu’un avion décollait !

Depuis les années 60, les choses ont bien changé, avec un trafic aéroportuaire qui a véritablement explosé… La faillite de Caterpillar est une véritable catastrophe économique. Je tenais à en parler dans le livre. Très attaché à Charleroi  et à sa périphérie, j’évoque aussi le Dôme et les Spirous, le nouvel hôtel de police, la course de côtes et l’ex « Eveil des Sens » à l’M de Bomerée,… Je suis particulièrement content du redressement de Charleroi et de l’image qu’elle nous (r)envoie aujourd’hui.

- Ce roman sera-t-il suivi d’autres ?

D.S. C’est bien mon intention. Le deuxième est déjà terminé, et s’intitule « Plongée en enfer de Charleroi à Marseille ».  On y retrouvera le même duo d’enquêteurs,  Max, féru d’informatique, ainsi que la journaliste Marie Cardinal (inspirée de ma femme).  Ce sera de nouveau un polar, alternant passages lourds et légers. En effet, j’aime parsemer mes romans d’un peu d’humour...

J.C.HERIN

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