CHARLEROI- Comédia 77 au Poche Théâtre: "Sunderland" du 6 au 14 octobre

Une comédie « so british » de Clément KOCH

Dans une mise en scène de Ludivine ROUSSEAUX

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Avec :

Sabine PENNETIER, Catherine DELMOTTE

Lidia GUERRERA, Vivien CHARLIER,

Olivier CLEMENT, Jonathan THAMBWE,

Sylviane DELSTANCHE et Aurielle MOUSTY

 Décor : Th. LEDENT, M. LEBRUN

Régie technique : Th. LEDENT

Graphisme affiche : L. ROUSSEAUX

Sunderland est une ville et un port d'Angleterre dans la région administrative « Nord-Est », admise au rang de cité en 1992. Elle était auparavant l'une des plus importantes villes du Royaume-Uni exemptes de ce statut.

La pièce :

Bienvenue à Sunderland, riante cité industrielle : sa pluie qui donne l'impression d'«être né dans une machine à laver», ses matchs de foot bien arrosés de bière et son usine de poulets, fermée pour cause de grippe aviaire.

Bienvenue chez les sœurs Mawln: Sally et Jill. Elles vivent avec la bonne copine, Ruby, que ses parents ont chassée. Sally et Ruby sont au chômage. Elles travaillaient dans l'usine de poulets. Mais si Sally ne retrouve pas de travail, on va lui retirer la garde de Jill qui, forcément, ne tourne plus très rond : maman s'est pendue sous ses yeux. Pour s'en sortir, Sally échafaude un plan un brin scabreux: un contrat de mère porteuse qui devrait lui rapporter gros … …

Mais rassurez-vous, on n'est ni chez Zola ni chez Dickens mais bien dans une vraie comédie sociale comme en font si bien les cinéastes britanniques. On est quelque part du côté de « The Full Monty », des « Virtuoses » ou de « Billy Elliott »… C'est habile et malin. Il y a dans Sunderland un soupçon de mélo (juste ce qu'il faut pour émouvoir), une touche d'amoralité gentiment assumée et une grande rasade d'humour désenchanté et ravageur. Les répliques frôlent souvent la gaudriole: c'est le côté français, gaulois même, de cette comédie « so british ». Et, quand le texte semble déraper, c'est trop tard: on est déjà parti d'un éclat de rire. Mais aussitôt, l’histoire reprend son fil, ménageant ses effets, dosant les rebondissements. Difficile de ne pas se prendre au jeu !

L’auteur : Clément Koch :

Né en Lorraine en 1970, Clément Koch découvre l’Angleterre lors de sa formation universitaire à la Durham University et travaille par la suite pour une usine automobile de la ville de Newcastle. C’est là qu’il trouve, sans le savoir, ce qui sera plus tard le décor de Sunderland.

De retour en France et opérant un virage à 180 degrés, il suit des cours d’art dramatique puis enchaîne les rôles à la télévision (Le fusillé, famille d’accueil, double jeu,…), au cinéma (camping 2, envoyés très spéciaux, the pink panther, …) et au théâtre. En 2004, il joue dans Noces de Sable de Didier van Cauwelaert. Après plusieurs apparitions au grand écran, il revient au théâtre en 2006 dans Lily & Lily aux côtés d’Annie Cordy et rejoint en 2010 l’équipe de Toc-Toc, écrit par Laurent Baffie.

Parallèlement, il commence à écrire. Sa première pièce intitulée « Les Ailes sombres d’un ange » est primée par le ministère de la Culture. Ce qui, au départ, n’était pour lui qu’un exercice d’auteur, lui donne envie de poursuivre et de développer cette nouvelle facette artistique. Lauréate du prix de l’Association Beaumarchais-SACD en janvier 2010, Sunderland est sa deuxième pièce.

 Entretien avec l’auteur :

« Vous êtes Français, mais vous avez décidé de planter le décor de cette pièce dans la ville de Sunderland, dans le nord de l’Angleterre : pourquoi ce choix géographique surprenant?

L’histoire traite des mères porteuses, et raconter la même histoire en France c’est un peu compliqué parce que les mères porteuses sont interdites. Le fait de transposer l’action en Angleterre me permettait beaucoup plus de liberté dans la fiction.

En plus, comme je suis assez fan du cinéma anglais, c’était une manière de raconter une histoire à l’anglaise. Je ne sais pas si c’est réussi, mais c’est ce qui ressortait de la presse parisienne quand la pièce a été présentée : on avait l’impression que tout ça était vraiment très anglais, ce qui était vraiment une bonne escroquerie!

Oui, on la comparait beaucoup aux films de Ken Loach par exemple. 

Oui parce que c’est une pièce d’atmosphère. Qu’elle soit jouée en japonais, en québécois, en français ou en allemand, si cette atmosphère fonctionne, on le sent.

Vous abordez dans Sunderland plusieurs sujets d’actualité. On parle par exemple de crise financière, de grippe aviaire, de famille homoparentale; on peut dire que vous aimez vous inspirer de l’actualité quand vous écrivez?

Oui, j’essaie d’être vivant! Et c’est toujours amusant d’essayer d’attraper des sujets nouveaux. À Paris, on est dans le théâtre très « boulevard », mais moi j’aime bien aller dans des univers différents et parler de la vie d’aujourd’hui. Ce qui est intéressant, c’est de parler à tout le monde et pas seulement aux 40, 50, 60 ans. C’est bien si des jeunes viennent au théâtre et s’y retrouvent parce que les sujets sont aussi les leurs.

Il y a eu un débat assez houleux en France sur le mariage gai et l’adoption par les homosexuels; on voit dans la pièce un couple qui est très uni et qui veut un enfant depuis 10 ans ; est-ce que c’est une critique de ce débat de votre part?

Oui, ce qui est marrant c’est que la pièce est arrivée pile au moment où il fallait et les gens sont venus la voir en croyant y trouver des solutions… alors qu’en fait, c’est surtout une pièce sur la famille. Le thème des mères porteuses est abordé, mais on n’est ni pour, ni contre à la fin.

Je crois que la seule chose qui est intéressante dans la pièce à ce sujet-là, c’est qu’il n’y a pas de recette. Les personnages le disent eux-mêmes : finalement, dans un couple gai, s’il y a de l’amour, il y a de la place pour un enfant.

Je crois que c’est ça : on a juste deux bras et deux jambes, qu’on soit homme ou femme, si y’a un coeur ça marche. » …

Entretien : Compagnie Jean Duceppe 

La presse en France et en Belgique :

Sunderland fait partie de ces petites pièces, sans prétention, aussi loin du formalisme intellectuel parfois rebutant du théâtre moderne que de la simplicité vulgairement outrancière des comédies de boulevard ou des pièces qui se veulent très populaires… Ces petites pièces dont la modestie n’a d’égal que le naturel de ses comédiens et la sincérité de son auteur… Clément Koch a réussi, avec Sunderland, ce mélange subtil de légèreté et de gravité dont on sait que le pari est souvent risqué: ou l’on sombre dans la caricature, ou l’on touche, avec finesse, l’extrême justesse de l’anecdote. C’est évidemment cette justesse que parvient à atteindre l’auteur en offrant au spectateur la touchante histoire d’une famille anglaise pauvre, touchée par la crise et les drames familiaux, que seules l’amour et l’amitié pures et honnêtes sauveront.

Philip Pick – 2012

« Sunderland », le coup de cœur du Festival de Spa. (…) Manon Hanseeuw ou Ruby, colocataire de Sally. Une bombe d’énergie, cette fille, drôle à mourir, dont toutes les répliques font mouche. Elle happe le public et ne le lâche plus. (…) Très belle performance de Laetitia Salsano en Jill, personnage écorché vif, à l’affût. (…) Rien n’est simple, même si tout le monde est de bonne volonté… sauf Gaven, amoureux éconduit de Sally (formidable Nicolas Legrain. (…) La réussite de la pièce tient dans la performance de tous, de chair et de sang, subtilement dirigés par Alexis Goslain.

Le Soir, Michèle Friche, août 2014 

La mise en scène :

Depuis plus de 20 ans présente au sein de Comédia77, le public connait plus Ludivine Rousseaux par son côté « de l’ombre » avec les nombreuses régies techniques assurées.

" C’est donc, après « Le mental de la reine » (2014), « Le pont » (2015) et « Le Libertin » (2016), ma quatrième mise en scène. Mais c’est surtout, une très grande chance pour moi car, lors de la lecture et découverte de cette pièce, il m’est paru plus qu’évident que celle-ci était pour Comedia77. Mais surtout, que j’avais une folle envie d’y mettre ma touche personnelle.

C’est une pièce à part, comme on en voit peu. Subtil mélange d’humour, d’amour et de larmes. Des personnages à fleur de peau et donc, un travail fort, intense et passionnant à effectuer avec huit comédiens talentueux. … Et puis, il y a cette ambiance anglaise, typique, qui, par son décorum, ses couleurs, ses airs… est un réel et intense plaisir à recréer sur scène pour une amoureuse comme moi de l’Angleterre, de ses clichés rétro, de sa « Britpop » et de ses pubs !! On va partager un vrai bonheur … ça tombe bien, parce qu’avec Comedia77, le bonheur est dans la salle ! " confie-t-elle.

Les mères porteuses, une réalité en Belgique :

Honnie en France par la manif pour tous, la gestation pour autrui est bien pratiquée en Belgique. Aucune loi ne l'autorise clairement, pourtant, rien n’interdit les mères porteuses. Dans quel cadre cela se pratique-t-il ?

En France, 70 000 personnes selon la police sont descendues dans la rue hier pour manifester contre la procréation médicalement assistée (PMA), contre la gestation pour autrui et contre le genre. Une organisation dans la lignée des nombreuses manifestations contre le mariage homosexuel. Rien de tout cela chez nous. En Belgique, une loi a fixé sans grand bruit, en 2007, les conditions éthiques d’accès à la PMA.

Si aucune loi, en Belgique n’autorise la gestation pour autrui, aucun texte ne l’interdit. C’est pourquoi elle est pratiquée dans notre pays sur base de cette loi de 2007 sur la procréation médicalement assistée et sur la législation sur l’adoption. Quatre hôpitaux ont développé une expertise dans la gestation pour autrui : le Centre Hospitalier Régional de la Citadelle à Liège, les hôpitaux universitaires de Gand et d’Anvers et l’hôpital Saint-Pierre à Bruxelles.

Des nombreux garde-fous

Le centre de procréation médicalement assistée de Saint-Pierre précise sur son site internet que l’on peut avoir recours à une mère porteuse, quand on n’a pas d’utérus, quand on a un utérus non fonctionnel ou qu’on est dans un état de santé incompatible avec une grossesse. La limite d’âge pour la mère intentionnelle (qui ne porte pas l’enfant) est celle de la fécondation in vitro (FIV), à savoir 43 ans. Quant à la mère porteuse, elle doit avoir moins de 40 ans.

"Les centres qui pratiquent ces traitements ne le font qu’à partir du moment où le comité d’éthique a donné son feu vert, explique Petra De Sutter, chef du service de médecine de la reproduction à l’Hôpital universitaire de Gand. On est très prudents dans le screening de la mère porteuse pour éviter tout problème."

Les couples qui font la demande d’une gestation pour autrui et la mère porteuse passent par un filtre médical et psychologique. A Gand, ce screening dure près de 6 mois. "Et nous ne faisons que des fécondations in vitro. Nous n’utilisons jamais les ovocytes de la mère porteuse, qui n’est donc pas du tout la mère génétique de l’enfant. On réduit ainsi les risques que la mère porteuse refuse d’abandonner l’enfant et de le laisser adopter par les parents."

Le but est aussi d’éviter toute commercialisation. Quand il y a gestation pour autrui en Belgique, l’acte n’est jamais rémunéré et concerne uniquement des belges. On évite ainsi le tourisme des mères porteuses.

Peu de gestations pour autrui

"Dans notre centre il y en a 5 à 10 par an, ajoute Petra De Sutter. Vous imaginez bien que quand il faut 6 mois de screening pour qu’on accepte, certains se découragent. Il y a très peu de couples qu’on peut aider."

De plus, la gestation pour autrui n’est offerte par ces centres qu’aux femmes qui n’ont pas d’utérus, ou alors, depuis 3 ans, à Gand, aux couples homosexuels masculins. "Pour eux, c’est encore plus compliqué, car ils doivent aussi apporter un ovocyte."

Au final, la moitié des demandes sont rejetées.

  1. Leherte, RTBF octobre 2014

INFORMATIONS PRATIQUES

QUAND : Les : 06, 07 08 – 12, 13, 14 octobre 2017 –   jeu : 19h30-ven/sam : 20h30-dim :15h00

Théâtre « LE POCHE », 70 rue du Fort à 6000 Charleroi

 RESERVATIONS - INFORMATIONS :  

Comedia77 - 0497/132.653 - info@comedia-77.be  TARIF:

  • 14 euros – 12€ en prévente
  • 12 euros (+ de 65 ans et – de 26 ans) - 10€ en prévente
  • gratuit pour les – 12 ans  visitez notre site www.comedia-77.be   
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