CHARLEROI: Festival Electro EDFM un goût de surréalisme

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- Billet d'humeur - Festival Electro EDFM un goût de surréalisme

Le festival Electro (EDMF: Electric Dance Music Festival) organisé à Charleroi ce 15 août dans le parc Reine Astrid de Charleroi laissait présager l'événement à ne manquer sous aucun prétexte. Ce fût plutôt côté musical tout à fait à la hauteur des aspirations du public. S'il en est qu'à notre constatation il s'agissait plutôt d'un événement pour le moins mitigé à plus d'un titre et pas des moindres. Doit-on être hypocrite ou dire clairement les choses ? Nous serons objectif dans ce que nous avons constaté sur place et relatons dans ce billet d'humeur. 

Le festival promettait une ambiance de feu, une folie musicale hors normes et les meilleurs Dj's du moment sur 4 podiums répartis sur l'ensemble du parc, ce fût le cas. L'ambiance y était extrêmement bonne musicalement, les éclairages étaient fabuleusement bien orchestrés, le son parfait et l'ambiance était au rendez-vous. Côté organisation sur place, des bars, des toilettes en nombre (payantes) et un espace suffisant qui donnait à chaque podium une ampleur permettant de ne pas trop se sentir à l'étroit. Quoi de mieux pour donner à notre ville de Charleroi un événement à la hauteur de toutes les espérances. Le nombre de visiteurs semblait ne pas correspondre vraiment aux aspirations des organisateurs, il nous a semblé y avoir nettement moins de monde tant en journée qu'en soirée. La fête fût-elle réussie... cela dépend pour qui !

IMG_0091.jpgSi l'organisation se voulait professionnelle et pointilleuse, c'était sans compter les nombreux autres éléments qui eux ont tristement noircis le tableau de ce festival. En soirée vers 21h (et depuis le début de la journée sans doute), dés l'entrée, des agents de sécurité (d'une société de Marchienne au pont) annonçaient la couleur directement aux visiteurs "Si vous sortez vous ne rentrez plus" d'un ton sec voir agressif et par moment totalement dénué de respect et de courtoisie. Les équipes de presse ont également eux droit au même traitement de faveur de la part de l'accueil sécurité de l'événement, nous signalant personnellement et avec agressivité que si vous sortions de l'événement il nous serait interdit tout simplement d'y revenir, ne nous laissant alors aucune chance de pouvoir aller prendre ou déposer notre matériel photo et ce même avec les autorisations de l'organisateur et les accès qui nous étaient destinés dans ce sens. "Nous étions repéré physiquement". (ce qui expliquera les clichés sans aucune qualité obtenue). Certains confrères présents venus d'autres régions du Pays ont été traités de la même manière laissant à chacun un sentiment mitigé entre la honte et l'incompréhension.

D'autres ont eu plus de chance mais ne sont sans doute pas restés assez longtemps sur l'événement pour constater réellement les choses ou n'ont pas souhaités les relater. Impossible non plus d'obtenir un réel dialogue avec des personnes qui pensent agir en toute impunité et sans se soucier des éventuelles conventions connues ou non d'eux avec les organisateurs, les sponsors etc... Le public n'a pas été épargné non plus cela dit, ce qui rend la situation à la fois plus acceptable ou devrions nous dire plus généralisée encore. Nous avons tenté en vain de trouver par nous mêmes des explications sur ces sorties définitives sans succès: Ne serait-ce pas le plus simplement du monde pour que les dealers sur place ne puissent pas sortir et revenir avec de la marchandise... Il semblerait que non puisque ceux-ci plus intelligents sans doute que d'autres passaient entre les barrières à l'arrière des espaces visibles du public à l'abris des regards de la surveillance s'il en est.

Dieu merci ! Certains pour la plupart semblaient bien dans leur job et dans leur tête et assumaient avec sérieux la fonction de sécurité, sans frustration personnelle et n'hésitant pas aussi à informer les visiteurs de façon courtoise, ce qui prouve qu'il suffit de quelques individus pour pouvoir pourrir de façon très générale l'idée que l'on peut avoir d'un événement ou le sentiment de sécurité.

"Je ne m'attendais pas à un accueil aussi peu chaleureux, je sais que la sécurité doit être garantie mais quand on arrive à l'entrée on s'attend plutôt à être accueilli d'un simple bonsoir ou d'un sourire (facultatif) mais pas d'un avertissement ou d'un ton hautain et presque irrespectueux qui ne vous donnait pas envie d'entrer, j'ai été refroidie je l'avoue franchement, c'est l'appel de la musique que j'entendais qui m'a fait entrer uniquement." signale Marjorie.P de Philippeville choquée à l'entrée du festival.

Des agents à l'entrée qui loin d'apporter un côté rassurant à l'événement semblait plutôt jouer les Cowboys avec Zèle et avec autant de tact que des gardiens de prison de haute sécurité. Heureusement qu'il n'assuraient pas à eux seuls l'image et la promotion de l'événement, il n'y aurait eu personne. Même s'il ne s'agissait pas de la majorité d'entres-eux et heureusement il a suffit que quelques-un dont à l'entrée pour en refroidir plus d'un. A moins que vous étiez une connaissance personnelle de ceux-ci, alors là l'accueil était bien différent et positif. C'est vraiment dommage dirons-nous. 

Même si on peut comprendre la difficulté d'organiser cet événement et la sécurité nécessaire, la vigilance qu'il faut absolument préserver à tout prix, ce qui a choqué plus d'un visiteur est le fait de devoir définitivement quitter les lieux et ne pas pouvoir y revenir et ce malgré le prix des billets payés par ces "clubbers" de tout horizon. Certains avaient besoin de cigarettes ou d'aller rechercher éventuellement de l'argent (ne sachant pas où en trouver), la sortie était définitive répétait-on à l'entrée sans cesse. Ceci a permis de voir se vider plus ou moins rapidement le parc de ses visiteurs de journée ou du soir et rendre l'endroit encore moins peuplé qu'il n'était à certaines moment de l'événement. Certains parleront avec enthousiasme sans comptage définitif de 2.500 à 3.000 personnes pour l'événement, à vue d'oeil le compte n'y était probablement pas. 

IMG_0087.jpgCôté population, on retrouvait devant les podiums en grand nombre des gens venus pour s'amuser, prendre vraiment du plaisir à danser, se retrouver mais aussi on ne s'étonnera pas des dealers qui vendaient leurs produits assez librement dans le parc, des toxicomanes et autres fumeurs de joints en grand nombre et mêmes un individu qui à côté d'un arbre prenait son plaisir à consommer (...) à peine à deux mètres des agents en toute impunité, chose qui nous a particulièrement choqué mais qui n'a semblé gêner personne.

Certains encore tellement imbibés ou "sous substance" commençaient à se déshabiller pour danser, ne se rendant peut être plus vraiment compte de tout de rien. Vous parlez d'une ambiance festive ! Cela aurait pu être pire sans aucun doute et encore, certains vomissaient à tour de rôle le long des barrières qui sépare le festival de la rue, sans compter ceux qui pour ne pas payer les toilettes se laissaient aller à un peu d'urine à gauche ou à droite même debout dans la foule devant un podium. L'un ou l'autre petit malaise et l'intervention heureusement rapide de la Croix rouge sur place et quelques débuts de bagarres heureusement pour le coup très bien géré par la sécurité sur place. Le côté "rassurant" de la soirée. 

La météo n'ayant pas été particulièrement clémente (entre pluie et éclaircie), les pelouses faisait place à la boue qui jonché de gobelets et déchets en tout genre donnait une triste mine à l'événement. Mais c'est sans aucun doute cela un festival extérieur, sans aucun doute oui. Franchement pas de quoi profiter pleinement de l'ambiance tant attendue. 

IMG_0085.jpgDifficile donc de savoir faire la différence pour ce Festival EDFM des réels "Clubbers" qui étaient venus s'amuser et qui prenaient réellement du plaisir à danser, se trémousser sur les musiques endiablées des 48 Dj's de grandes renommées, de qualités et très professionnels dans le métier présents dans le Parc Reine Astrid et ceux venus uniquement pour "le Business".  

Heureusement que l'ambiance musicale elle avait respectée toutes ses promesses, cela nous aura laissé quelques temps l'illusion que la fête était réellement réussie et nous nous sommes laissé aller à nous dandiner un peu en faisant mine de ne rien voir ni entendre d'autre, cela est sans doute la recette secrète pour profiter d'un tel événement. 

Le bilan de l'organisateur du festival EDMF n'est pas encore connu pour l'heure, on peut espérer que pour les "clubbers" présents ainsi que les nombreux Dj's qui ont pu faire danser l'ensemble des visiteurs que la soirée aura été une réelle réussite. Sur "papier" l'événement nous semblait être celui à ne rater sous aucun prétexte et sans doute cela aura t-il été le cas pour bon nombre de personnes, nous l'espérons et tant mieux. Nous n'en garderons pour notre part pas un souvenir particulièrement positif pour l'image de notre ville de Charleroi du moins dans son déroulement réel.

Il semblerait encore une fois que ce soit l'exagération d'une masse (que certains diront minoritaire pour se défendre, mais qui n'en est rien) qui peut donner une image négative d'un événement qui pourtant apportait un peu de dynamisme, de nouveauté et de moments festifs à notre ville. Pour avoir pu assister à de très nombreux festivals en tout genre et à travers l'Europe, nous resterons ici sur notre fin avec un goût mitigé quant à l'événement. 

En conclusion, faisant abstraction du reste, nous dirons que pour "l'ambiance musicale", les "prouesses techniques des éclairages" et la qualité des Dj's présents ce fût sans doute l'événement majeur de ces derniers mois (avec la City Parade organisée à Charleroi) pour les clubbers et ceux qui aiment la musique Electronique. 

# Billet d'humeur ©SDZ

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