CHARLEROI: Les commerçants désertent le centre ville.

IMG_0012.jpgDepuis de nombreux mois, le centre ville de Charleroi est en plein changement, des rénovations de la ville ont été mis sur les rails, des aménagements mais aussi de nombreux travaux, toujours en cours de réalisation, qui ont eu un impact relativement important sur la vie des commerçants du centre ville.

Les preuves sont nombreuses, l'exemple le plus frappant reste sans aucun doute la désertion de ces commerçants des axes auparavant très recherchés et convoités. Il y a une époque où la rue de la montagne, célèbre pour son inclinaison particulière et son abondance de passage était un haut lieu de la vie des chalands, des clients et des carolos. La célèbre rue Neuve était aussi un passage obligé pour tous.

Aujourd'hui, il est triste de constater que ces artères principales commerçantes du centre ville sont délaissées et laissent apparaître de très nombreuses vitrines vides, délabrées et laissés à l'abandon. Les commerçants sont partis ! Pas tous, bien heureusement, mais ceux qui restent sont des enseignes low cost ou quelques commerces de vêtements par ci et par là. Ce qui impressionne, c'est le nombre de magasin l'un à côté de l'autre à l'abandon, jusqu'à 3 ou 4.

IMG_0009.jpgOn peut compter au minimum une vingtaines de magasins fermés. Les raisons invoquées sur place semblent être la longueur des travaux qui ont découragés les plus patients, les conditions économiques, le manque de soutien des autorités et de l'association des commerçants mais aussi le fait de la disparition de nombreux clients, qui préfèrent aujourd'hui partir vers les grands centres commerciaux: plus accessible (parking), plus sécurisant, plus pratique (emplacements aux multiples enseignes).

Du côté des commerçants qui ont quittés cette rue de la montagne, la rue Neuve ou d'autres rues, certains ont fermés définitivement et d'autres sont partis justement pour les centres commerciaux: Ville 2 à Charleroi, le City Nord à Gosselies, le nouveau centre commercial du "Bultia" à Gerpinnes à quelques kilomètres de Charleroi. Un choix assumé qu'ils ne cachent pas pour certains  et l'annoncent clairement sur les anciennes façades.

Du côté de l'association des commerçants de Charleroi, l'UCAC, une campagne d'affichage sur les vitrines est mise en place (NDLR: un peu tard peut être ?) pour sensibiliser les clients en signalant que la fréquentation de ceux-ci au centre ville pour leur achats contribuent à la vie et la conservation de ce centre ville, disculpant dans leur communication les autorités de la ville de Charleroi et les politiques mises en place et les investisseurs. Ne serais-ce pas juste un moyen de pouvoir culpabiliser les clients de partir voir ailleurs plutôt que les commerçants disparus et qui par logique ne sont plus concernés du tout par la vie ou la mort des rues commerçantes. Faut-il vraiment en arriver à trouver un coupable qui ne peut être que le client au final ? Il semble y avoir pour ceux qui restent un doute important quant au sérieux de cette communication. 

IMG_0010.jpg"Moi, j'étais commerçant depuis de plus de 15 ans dans la rue de la montagne, j'ai constaté une descente aux enfers par la rue neuve d'abord puis notre rue: Les clients partaient ailleurs, un manque de parking, d'accessibilité et le confort n'y était plus. Les mentalités ont changées aussi, la ville de Charleroi à accepter Ville 2 ou d'autres centres dans la région et à l'époque se moquait complètement de savoir si nous pouvions ou non survivre à cela. Les commerçants affiliés à l'association des commerçants ont eu quelques conseils, les autres pas du tout. Cela n'a servi à rien. Aujourd'hui il est trop tard pour beaucoup. Certains collègues ont mis la clef sous la porte, d'autres ont pris la décision de partir ailleurs. Les grandes enseignes sont restées mais ont du mal aussi à voir arriver des visiteurs "acheteurs". Aujourd'hui je vois que l'association des commerçants, la ville de Charleroi multiplient les initiatives pour récupérer le coup, à quelques mois des élections, c'est à mon sens trop tard. Moi j'ai fermé et suis parti comme beaucoup, ailleurs où l'on s'occupe vraiment de nous." affirme Christian, terriblement déçu de la gestion globale du centre ville. 

Quoi qu'il en soit, notre centre de ville de Charleroi tarde un peu à montrer à nouveau un visage plus vivant, plus dynamique et plus favorable, choses pourtant annoncées depuis très longtemps avec des projets comme Rives gauches ou le plan Phénix. Le phénix qui semble lui aussi avoir pris un coup dans l'aile et aura sans doute bien du mal à renaître de ses cendres, tant celles-ci sont aujourd'hui bien nombreuses à envahir le paysage des promeneurs et des anciens clients.

Croisons les doigts pour que cette hécatombe puisse cesser et voir revenir les beaux jours de notre centre ville de Charleroi. Une chose est sûr, c'est un bien lourd tribut à payer pour la rénovation d'un centre ville que de constater impuissant le départ de ce qui faisait il y a peu encore la fierté de notre métropole Carolo. 

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Credit photo: ©seben

 

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Commentaires

  • Cette métamorphose en cours actuellement est d'abords trop tardive, mais la cause primordiale de la désertification du centre ville est une question de timing. En effet, avant de développer ou de permettre de développer l'extérieur de la ville de façon anarchique, il eut fallu penser a améliorer le centre ville avec des parking intramuros bien gérés et sécurisés et si possible en sous-sol. Ensuite d'actionner la politique répressive (Vauban) en matière de logements et d'exercice du commerce(AFSCA,Auditorat du Travail) et aussi la sécurisation par une présence visible de bleu en rue. Alors seulement après ce renforcement de l'ancrage commercial au centre, on pouvait éventuellement laisser la bride sur le cou aux promoteurs à l'extérieur. Pour une redensification du tissu commercial je pense sincèrement que c'est trop tard.
    Signé: un observateur nostalgique de plus de 65 ans, natif du centre ville et y commerçant pendant plus de 30 ans avec un certain succès, mais content d'être déménagé vers la couronne verte, tant je ne m'y sentais plus chez moi.

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