INTERNET: Les alertes de disparition "en roue libre" sur Facebook.

internet,disparition,facebookLes réseaux sociaux font partie intégrante de notre quotidien, chacun y trouve une utilité plus ou moins importante et les utilise tant pour alimenter les murs de leurs connaissances, y parler du dernier souper ou d’un film sympa. Cependant, internet de manière générale est également utilisé (et fort heureusement aussi) pour prévenir d’éventuelles alertes de disparition d’adultes ou plus souvent de jeunes gens.

 

Si ces réseaux sociaux sont gérés par des citoyens, des particuliers majoritairement, ils peuvent aisément publier des informations en tout genre, y compris ces fameuses alertes, sans contrôle et sans garde fou. 

 

Si cette technique de publier aussi simplement des disparitions, ou pseudo disparition parfois, peut être très appréciée, car elle a l’avantage d’être diffusée rapidement et au plus grand nombre, on découvre de plus en plus de dérives. Sur Facebook en trois jours seulement on dénombre deux disparitions de jeunes filles (une à chaque fois).

 

L’avis de recherche est réalisé le plus souvent par des amis, les membres de la famille elle-même: alerte le réseau, diffuse des photos de la « disparue », affole la toile et propage l’information comme une trainée de poudre... Et si tout résidait simplement dans le respect et l'utilisation efficace du net ? ...

Dans ces deux cas de disparition dernièrement, au bout d’un à deux jours nous pouvons lire « Merci, elle est Retrouvée » sans aucune autre précision. On peut se demander réellement si ces alertes « sauvages » et à l’initiative du « particulier » sont finalement une réelle bonne chose. Des éléments démontrent dans la plupart des cas, ces alertes ont été « vite » réalisées et majoritairement sans aucun encadrement ni du service disparition de police,  ni de Child focus.  

 

Dans la situation de la jeune fille de Schaerbeek dont l'avis sur Child focus avait été diffusé, cela a été vite:  Disparue le 14 et "revenue" le 16 juin, les proches ont pu obtenir l'aide du service. Cela a t-il contribué à retrouver la jeune fille plus efficacement ?

 

internet,disparition,facebookDans le cas de la jeune fille de La Louvière, disparue ce lundi 17 juin  après l'école et l'avis déjà diffusé en masse sur le net dés la soirée par ses parents et proches ont à nouveau secoué la toile. N'était-ce pas disproportionné ? Réalisé, publié, diffusé trop vite ? 

 

Ce vent de panique et de psychose n'aurait-elle pas pour origine les dernières actualités qui font référence à la sortie prochaine et possible pour quelques jours de Michel Lelièvre ? Cela rappelerait-il des peurs, des idées sombres ?

 

Le plus frustrant pour les internautes semble être de ne pas savoir où était finalement la disparue (réel enlèvement, fugue, sortie entre amies, moyen d’attirer l’attention...). C’est sans aucun doute pour ces dernières raisons qu’aucune précision n’est donnée sur les « retrouvailles » ou plutôt les raisons de la disparition, est-ce pour ne pas choquer l’opinion publique ? 

 

Le pire dans l’histoire est qu’au final on constate que les avis « sauvages » provoquent plus de tord que de bien, car ils diffusent la photo de l’adolescent(e) disparu ou supposé avoir disparu et donc laisse le jeune en proie aux critiques, aux insultes ou à des railleries en cas d’un « non enlèvement ». Les conséquences peuvent être très graves, mais qui pense à cela ? De plus, comme dit le proverbe : « À force de crier au loup... » 

 

Ce genre de publication ne devrait-elle pas être réalisée par des professionnels ou des services spécialisés en disparition pour avoir de la crédibilité réellement sur internet et plus particulièrement sur Facebook ? Après plusieurs recherches sur différents cas semblables, nous constatons que certains proches et membres de la famille des cas étudiés, n’ont même pas informé la police ou Child focus de la disparition. Très vite, ils publient l'avis en ayant le sentiment d'en avoir le droit ultime, puisqu'il s'agit de leur enfant. Publication, affichage virtuel, rassemblement d'un maximum d'adhérants à la cause et de préférence pour  « jouer » les détectives sur internet. 

 

Cette problématique s’explique aussi par le délai « minimum » pour déclarer réellement une disparition, mais surtout pour que celle-ci puisse déclencher de réelles démarches « sur le terrain » par les services concernés. Internet donne donc un moyen (bon ou mauvais) aux parents ou proches et instantané pour diffuser un avis, parfois totalement inutile, transmis trop tôt, de façon excessive ou qui ne correspond à aucune réelle disparition inquiétante. Mais y a-t-il un bon moment pour le faire ? 

 

À cela, nous devons aussi ajouter la notion de « Hoax », des rumeurs qui se diffusent également sur le net et qui utilisent à profusion la disparition d’enfants ou de jeunes gens sur les réseaux sociaux pour mobiliser les « amis ». À croire que lorsqu’une information est publiée sur Facebook ou Twitter, celle-ci est forcément réelle aux yeux de tous. Les internautes sont-ils naïfs de la croire systématiquement ? Pas forcément, il s’agît surtout d’interpeller les consciences. Qui ne diffuserait pas un avis de disparition pour un enfant ou un ado ? 

 

Lorsque sur les réseaux sociaux, un membre, un ami « ose » ne pas vouloir communiquer un tel avis de disparition (pour des raisons de son choix) il est vu et jugé comme insensible face à la douleur des familles ou des parents, c’est la situation de Julien, un internaute qui en parle franchement : « Si je n’ai pas la certitude que les autorités cautionnent réellement cet avis de disparition, que c’est bien officiel et qu’il s’agît bien d’une disparition inquiétante (et pas une sortie tardive, une mini-fugue ou un moyen de rebellion et il y en a de plus en plus) je ne partage pas et je passe donc par un salaud par mes connaissances virtuelles ». Il faut donc plus que jamais être prudent et savoir « estimer » si oui ou non la disparition annoncée semble réelle ou justifie réellement l’inquiétude et la mobilisation des internautes en masse. 

 

« Franchement, je suis heureuse que l’on retrouve les jeunes disparues, mais il ne faut pas exagérer non plus, les parents ont eux aussi, la responsabilité de savoir où se trouve le jeune ou même de régler des soucis éventuels, de mieux communiquer avant une fugue ou une situation pour attirer l’attention » signale Huguette sur Facebook.

 

Noël quant à lui s'étonne et espère que ces dispatitions éphémeres ne sont pas à l'orgine de "pressions" familiales: "En cette période de stress et d'examen à l'école, j'espère que des parents ne vont pas jusqu'à menacer les enfants de ne pas pouvoir rentrer s'ils échouent aux examens ou ne reviennent pas avec de bons résultats, la période est justement étrange avec ces deux affaires coup sur coup".

 

La solution ne serait-elle pas tout simplement que les annonces de disparition soient « validées » ou publiées par une autorité, des professionnels ? Y aurait-il un moyen de savoir si les proches ont seulement informé les autorités de la disparition avant la diffusion à tous nos contacts sur notre mur Facebook ? Les proches, les parents sont-ils réellement les mieux placés pour faire ce genre d’annonce, de publication (sachant le stress et l’angoisse du moment et le temps qui paraît inévitablement plus long que pour les autres) ? 

 

Dans notre loi en Belgique, le fait de ne pas venir en aide à quelqu'un en danger peut-être considéré comme un délit,  repris sous la mention "non assistance à personne en danger", mais cela concerne t-il aussi ce genre de fait  de diffusion d'avis sur internet ? On peut se demander au contraire aussi, si le fait de diffuser de fausses informations ou contribuer à sa propagation n'est pas également source de poursuites éventuelles. Le débat est  ouvert. L'internet ne finira jamais de faire parler de lui ! 

 

Tant de questions qui attendent des réponses afin de rendre internet, nos réseaux réellement plus efficaces, sécuritaire, moins « impulsif » à la diffusion et plus crédible encore cas d’alertes « d’enlèvement » urgent, réel et vérifié. 

 

Qu'en pensez-vous ? Ces alertes sont-elles utiles ? Intéressantes ? Sont-elles mal gérées, excessives ? 

 

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